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En direct de Tel Aviv : Les Islandais Hatari réveillent l’Eurovision !

Second jour de répétitions à Tel Aviv en ce dimanche 5 mai. Chacun prend ses marques. Elizabeth est arrivée ainsi que nos grands amis d’Eurovision69.com.

Et Tel Aviv me direz-vous ? Je n’ai pas eu le temps d’y mettre les pieds car je suis localisé à Ramat Gan au sud du parc Yarkon (le centre des expositions où a lieu de Concours est au nord du grand parc) et je n’ai qu’à le traverser pour arriver sur le lieu du Concours.

Je suis arrivé vendredi en fin d’après-midi dans une ville presque vide, et ce fut pareil le samedi. Tout est fermé (pas évident de trouver à manger) et les transports fonctionnent au ralenti ou pas du tout ! Ce n’est qu’à partir du samedi soir que les gens sortent et que la ville grouille de monde. Dans le grand centre commercial à côté d’où je loge, l’Ayalon Mall, vendredi soir c’était vide et samedi soir 22h rempli avec toutes les boutiques encore ouvertes.

Sinon je ne trouve pas les Israéliens très sympatiques et autour de moi on partage mon avis. Quand ils vous parlent on est à la limite de l’agression. Et côté amabilité c’est pire que les serveurs des brasseries parisiennes. C’est dire ! En plus ils ne parlent pas ou très peu anglais et semblent peu apprécier qu’on ne parle pas hébreux. Ici on ne dit pas bonjour. Après avoir lancé deux ou trois bonjour dans le vide (gros moment de solitude), je me suis lassé et désormais passe devant les gens sans rien dire en affichant la plus plate indifférence.

Sivan Avrahami

L’endroit où nous sommes, le centre des expositions de Tel Aviv est un peu miteux et certains bâtiments en mauvais état. On se croirait dans un pays du Tiers Monde m’a lâché Stéphane Chiffre, président d’OGAE France, à la vue du Pavillon 13 où est installée la salle des conférences de presse et qui a conclu en contemplant la salle de presse au Pavillon 11 que cette année notre mode de vie sera très spartiate. Tables et chaises en bois, très années 1950 (on a évité des bancs), et côté services on a droit uniquement à de l’eau. Sinon pour le reste, il faudra lâcher quelques shekels et même plus car ici la vie est très chère et les tarifs Eurovision également.

Comment se passent les quatre premiers jours ? Les artistes suivent un circuit hyper organisé, avec deux points culminants : la répétition sur scène qui dure 40 minutes chrono avec la plupart du temps trois répétitions de la chanson, parfais quatre. Ces images sont diffusées dans la salle de presse pour les journalistes. Puis après avoir visionné les images en cabine avec la production et être passé par les interviews officielles pour eurovision.tv, c’est la conférence de presse, prévue pour durer au maximum 30 minutes. Elle démarre par un court shooting photos puis les artistes rejoignent la scène où l’animatrice locale Sivan Avrahami les interroge. On n’apprend généralement pas grand chose de ces causettes. Tout est convenu et la plupart du temps sans intérêt, sauf si les artistes nous interprètent quelques couplets de chanson parfois accompagnés d’une guitare.

Cette année, ça va être compliqué d’avoir sa photo avec les artistes car ils sont emmenés direct, je dirais même exfiltrés, dans les boxes pour les interviews avec des médias triés sur le volet (généralement toujours les mêmes). Mais comme il fait chaud dans ces boxes certains ont opté pour des interviews en plein air, au soleil. Un soleil qui a bien tapé aujourd’hui et c’est à l’ombre que j’ai déjeuné d’un infâme sandwich au poulet.

Quant aux collectionneurs de CDs et objets de collection, ils en seront pour leurs frais cette année, car il n’y a pas de pigeon holes et donc pas de cadeaux ! Mais çà et là, au gré des conférences de presse, on peut se voir remettre par des personnes des délégations un CD comme ce fut le cas pour moi hier avec les CD de la Hongrie et du Monténégro et aujourd’hui avec le Portugal.

Les répétitions sur scène commencent à 10h et se terminent vers 17h et les conférences de presse débutent à 12h25 et se terminent à 19h45. Il y a dans la journée deux petites pauses de 30 à 50 minutes pour les techniciens. Bref je suis ici à partir de 9h30 (le centre de presse ouvre à 9h) jusqu’à la fermeture à 21h, puisqu’il me faut rédiger mon papier du jour et y joindre des photos.

Côté chansons, on a commencé par la Belgique avec le jeune Eliot habillé d’un ensemble bleu nuit avec des motifs orange avec un truc bizarre qui pendouille et accompagné de deux musiciens, un homme et une femme, qui tapent sur le gros tambour. Le visuel passe-partout est à rayures. On se dit qu’il va se passer quelque chose tout au long de la prestation et il ne se passe rien. Eliot reste statique lance son poing en l’air quand il lâche fight over you (le gimmick déjà vu à Londres) et c’est tout. Bref j’aime toujours autant la chanson mais l’ensemble me parait plat et pas assez marquant. Attention la Belgique est en danger. Heureusement qu’elle est dans la première demie, de l’avis général la moins relevée.

Avec la chanson qu’il a, c’est évidemment très compliqué pour le Géorgien Oto Nemsadze mais je dois avouer que visuellement ça m’a beaucoup plu, ambiance Game of Thrones avec Jon Snow perdu dans les montagnes du Nord et ce ne sont pas les marcheurs blancs qu’on voit débarquer mais cinq choristes en noir et la montagne qui prend feu et se transforme en enfer de Dante. Le visuel de fin représente une poignée de main. Vocalement il n’y a aucun problème mais la chanson est insupportable surtout pour Ethan qui vient de l’écouter en entier pour la première fois et qui en plus a droit à deux replays. Courage Ethan ! En conférence de presse j’ai remarqué que l’un des choristes d’Oto est l’un des membres du groupe Ethno-Jazz Band Iriao de l’an passé.

Très attendue l’Australie ne nous a pas déçus. Surélevée sur une perche et habillée avec une robe blanche avec une tiare argentée, Kate Miller-Heidke joue en balancier accompagnée de deux danseuses en robe noire elles aussi surélevées sur une perche et se balançant encore plus que Kate. Mais elles sont vraiment hautes ! remarque Ethan. Un globe terrestre est parfois incrusté en bas de l’image donnant l’impression que les trois femmes se balancent au dessus de la Terre, puis petit à petit le globe se réduit et notre planète disparait petit à petit au fond de l’écran avec les trois filles devant qui ont l’air de flotter dans l’espace. Ben oui, zéro gravity… C’est drôle (c’est voulu ?) voire ridicule. D’autres ont trouvé ça superbe.

Encore plus attendus les Islandais Hatari. La prestation c’est en gros celle qu’on connait déjà vue dans la finale de la sélection nationale. Pas de surprise de ce côté. Il y avait du monde pour le shooting photos où les deux chanteurs se sont présentés avec leurs trois danseurs, nous donnant l’impression d’être face à la famille Addams. Puis ce fut la conférence de presse qu’ils ont tenu à faire debout, même si la fatigue (sans doute à cause des semelles compensées de ses bottes en cuir) en a fait s’accroupir l’un d’eux un instant. Cela ne se raconte pas, ça se regarde (cliquez ici pour voir lien vidéo). Beaucoup de second degré et une animatrice prise de court qui ne savait pas comment aborder la situation. En effet comment communiquer avec des gens à qui vous parlez de la couleur rose et qui vous répondent C’est quoi le rose ?

La salle des conférences de presse s’est complètement vidée ensuite pour l’Estonien Victor Crone qui a pourtant proposé une prestation honnête et sympathique avec tournage d’une vidéo qui sera utilisée pour son visuel. C’est pour ça qu’il n’a fait que deux passages. En conférence de presse (la salle s’était complètement vidée après les Hatari) il nous a proposé un cours gratuit de yoga.

Costumes Cetelem (comme dans la pub) pour le Portugais Conan Osíris et son danseur (torse nu) João Reis Moreira tous deux vêtus de costumes de théâtre vert feuillage pour une prestation où l’accessoire principal est l’escalier autour duquel les deux acolytes font leurs contorsions. Conan a laissé tomber son espèce de collier or-argent pour une fausse barbe mais peut-être est-ce un subterfuge. Sinon, si vous détestiez la chanson avant vous ne l’apprécierez toujours pas après ça. Aux antipodes des standards de l’Eurovision, mais bien pour la diversité.

La Grecque Katerine Duska est accompagnée de deux escrimeuses sur scène. Pourquoi pas ? Mais quel est le lien avec sa chanson, plutôt bien interprétée même s’il y a encore du travail ? Mystère. Puis un ballon est lancé dans la foule. Bizarre. Mais globalement la chanson est bonne et si la prestation n’est pas encore calée et les voix en place ça va s’améliorer.

On a terminé avec Serhat, qui se considère modestement comme une star internationale. Il vient d’ailleurs de sortir un album avec uniquement des tubes internationaux parait-il. Say na na na c’est notre pêché mignon. On est avec une ambiance dans les tons roses avec estrades et cinq danseurs (deux garçons en bermudas et trois filles en robe, allemands pour la plupart) et tout le monde est en blanc. Serhat a pris des cours accélérés de chant parce que j’ai trouvé qu’il chantait mieux. En même temps il part de loin. Vous vous dites que ça casse à tout va. Détrompez-vous car nous on l’adore Serhat. C’est ce qu’on appelle un personnage et lors de la conférence de presse c’était lui le boss. La pauvre animatrice n’a pas pu en placer une. Et puis on a besoin de fun alors avec Say na na na on est servi !

 

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Eurovision 2007, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 Destination Eurovision 2018