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Eurovision 2019 – Une jolie victoire du Pays-Bas, mais par défaut

Que peut-on faire un lendemain d’Eurovision quand on se retrouve dans un avion pour un long voyage de quatre heures ? On rédige le papier sur le débrief du Concours qui vient de se terminer.
Ainsi, ce sont les Pays-Bas qui ont remporté le Concours Eurovision 2019. Alors que les bookmakers leur prédisaient un triomphe haut la main, c’est une victoire à la Pyrrhus à laquelle nous avons assisté. En effet Duncan Laurence est un vainqueur par défaut, qui n’a gagné ni le télévote, où il est deuxième, ni les jurys, où il finit troisième. Avec Arcade, il a donc fait moins bien que l’Ukrainienne Jamala et se retrouve être le gagnant le moins bien élu depuis l’introduction du nouveau système de votes en 2016, avec 492 points seulement. On remarque également que les votes se sont dispersés comme jamais cette année. Cette victoire néerlandaise de 2019 ressemble beaucoup à la victoire azérie de 2011, où on avait observé un phénomène identique, même si l’Azerbaïdjan avait lui remporté le télévote.

La chance de Duncan Laurence est que les téléspectateurs ont pris en grippe la Suède, qui avait remporté le vote des jurys, et que les jurys professionnels se sont acharnés sur la Norvège, qui avait terminé première au télévote. Cette dernière, seulement 15ème auprès des jurys, finit finalement 5ème de ce Concours Eurovision 2019. Ce faible score chez les jurys professionnels laisse pantois. D’accord Spirit in the sky n’est pas la chanson du siècle, mais c’est un titre sympathique et populaire à même de plaire au plus grand nombre, ce que démontre sa victoire au télévote (avec un 8 points du public français). On attend de professionnels qu’ils détectent le potentiel d’une chanson auprès du public. Avoir donné à KeiiNO seulement 47 points nous paraît terriblement injuste quand ces mêmes jurys en ont donné 150 à la Tchéquie.

On l’avait écrit dans nos articles précédents, le Suédois John Lundvik allait remporter le vote des jurys. On a vu juste sur ce point. Si on estimait que ce serait plus compliqué pour John auprès du public, on n’imaginait pas à quel point. Depuis deux ans on remarque une tendance, confirmée hier soir : le public européen boude la Suède. Le pays phare de l’Eurovision des années 2010 désormais déplait. Étonnante disgrâce alors que ses prestations sont considérées comme de grande qualité et très (trop ?) bien produites.

le public européen boude la Suède

Mais les faits sont là : le pays marque moins de points qu’attendu au télévote. John Lundvik en a récolté 93, alors que Robin Bengtsson en avait eu 126 en 2017 et Benjamin Ingrosso seulement 7 l’an dernier. John Lundvik n’est ainsi même pas dans le Top 5 des téléspectateurs alors que de l’avis général ici il y avait largement sa place. La Suède est 6ème au global et 9ème au télévote. C’est un échec cuisant quand on avait l’espoir, justifié, de remporter le Concours. Je n’ai pas d’explications et je suppose que Christer Björkman et l’équipe suédoise doivent se sentir bien désemparés après cet échec incompréhensible et qu’ils vont tenter de l’analyser.

La victoire s’est donc jouée entre les Pays-Bas et l’Italie. Quatrième pour les jurys et troisième au télévote, Mahmood talonne Duncan Laurence et aurait sans doute fait un beau vainqueur. Arrivés avec une prestation qui était loin d’être parfaite, les Italiens l’ont peaufinée et améliorée au point qu’en finale elle éclipsait celle de Bilal Hassani qui passait juste avant. C’est la seconde fois depuis son retour en 2011 que l’Italie est classée deuxième au Concours. Elle s’impose comme le pays dominant du Big 5 qui lui termine (encore !) en charpies.

France : Un Top 10 aurait dû couronner les efforts !

Si la 13ème place de Madame Monsieur en 2018 pouvait sembler logique, la 14ème place de Bilal Hassani (en fait 13ème avec égalité de points avec la Slovénie) en 2019 est un coup dur, tant la prestation française avait été travaillée. C’était beau et cette fois tout à fait compréhensible par tout un chacun. Un Top 10 aurait dû couronner tous ces efforts. Hélas Danemark, Tchéquie et Islande nous ont grillé la politesse. Il n’y a cependant rien à regretter, on a fait ce qu’on pouvait pour mettre en valeur notre chanson et on peut ressortir la tête haute de ce Concours, même si on peut s’agacer que Bilal ait été placé en 21ème position entre l’Azerbaïdjan et l’Italie. Que la production ait enchainé les deux titres qui proposaient du texte dans leurs visuels peut sembler étonnant (ou délibéré ?). On aurait préféré nous retrouver entre Belarus et Serbie. Ainsi, comme l’an passé, le duel annoncé entre France et Italie a tourné à l’avantage de cette dernière. Malgré son résultat la France aura marqué positivement cette édition 2019. Quant à ceux qui vivent de regrets, qu’ils se consolent car il y a fort à parier que Seemone, Chimène Badi ou Emmanuel Moire n’auraient pas fait mieux que Bilal.

D’ailleurs, comparé à nos voisins du Big 5, Britanniques, Allemands et Espagnols, on ne s’en sort pas si mal. L’Espagne est 22ème (et dernière des jurys), l’Allemagne 24ème (avec zéro point au télévote) et le Royaume Uni dernier. Sans amis, quand il vient à l’Eurovision avec une chanson moyenne c’est le bottom 5 assuré pour un pays du Big 5. Cet échec était attendu pour les S!sters allemandes et pour le très sympathique (il est adorable) Michael Rice. Par contre c’est surprenant et même cruel pour l’Espagnol Miki, qui était l’un des chouchous des fans et des journalistes présents sur place qui se sont déhanchés tous les soir à l’Euroclub sur La venda. Comme Bilal, il pouvait prétendre au Top 10. Mais à entendre ce qui se murmurait hier soir dans les couloirs du centre de presse, ce type de prestation latina, même si elle est énergique et colorée, manque d’originalité et lasse, ce qui peut expliquer que les jurys l’aient très sévèrement sanctionné. On a une pensée pour notre camarade Franco-Espagnol Aïtor d’eurovision69.com qui a sans doute vécu de douloureux moments lors de l’annonce des résultats hier.

La Russie, 3ème, complète le podium. Comme on pouvait s’y attendre, son représentant étant très populaire dans les pays de l’ex-URSS, elle a cartonné pour le public (4ème) mais a été snobée par les jurys (9ème). Ce second échec de Sergey Lazarev s’explique par une chanson beaucoup moins accrocheuse qu’en 2016. On aime Sergey sur un titre dansant avec une grosse performance chorégraphiée, pas sur une ballade un peu ennuyeuse comme Scream, même si elle est bien chantée.

Avec neuf points de moins que la Russie, la Suisse décroche la 4ème place. Un très bon résultat pour nos voisins Helvètes, quand on se souvient qu’il faut remonter jusqu’en 1993 pour retrouver la Suisse aussi bien classée (3ème à Millstreet). Il y a cependant une petite déception, car on se dit que Luca Hänni avait les moyens d’aller au bout et d’offrir un troisième trophée à son pays, tant la prestation imaginée par Sacha Jean-Baptiste était magnifique à l’écran. Un vrai clip vidéo en live. Peut-être faisait-il trop clip ?

L’Azerbaïdjan était venu à Tel Aviv pour se refaire une santé après son élimination inattendue en demi-finale l’an passé. Mission accomplie pour Chingiz, 7ème au global, qui mérite une médaille pour avoir remis son pays sur les rails de l’Eurovision.

La Macédoine du Nord a vécu les sensations les plus intenses de toute son histoire au Concours Eurovision. Pendant l’énoncé des votes des jurés professionnels, elle a été longtemps en tête avant de se faire devancer sur la dernière ligne droite par la Suède. Tous les espoirs lui étaient permis alors, car la voix de Tamara était parfaite et la prestation très forte et authentique. Mais avec seulement 58 points et une petite 12ème place au télévote, son élan a été brisé net. Même si ça a probablement été un peu décevant finalement pour Tamara, son résultat n’en demeure pas moins excellent, 8ème au global et le meilleur de toute l’histoire au Concours de ce petit pays coincé entre Bulgarie, Serbie, Albanie et Grèce.

Alors que certains lui prédisaient une victoire (elle était seconde chez les bookmakers le jour de la finale), l’Australie finit seulement 9ème. C’est là qu’on réalise à quel point les médias Eurovision, qui se sont entichés de Zéro gravity, ont eu faux sur toute la ligne. Ils ont confondu Norvège et Australie. La première était considérée comme le titre des eurofans par excellence et la seconde comme la performance populaire à même de plaire à un large public. Raté. C’est bien l’Australie qui était le titre too much et très Eurovision et pas la Norvège. Ceux qui trouvaient ça drôle ont peut-être voté pour elle, ceux qui trouvaient ça ridicule non. Peut-être aussi ont-ils réalisé, comme nous, que les grandes envolées lyriques n’étaient pas produites par Kate Miller-Heidke, mais par une mystérieuse choriste dont le nom n’est pas parvenu jusqu’à nous …

L’Islande complète le Top 10. Qu’elle n’ait pas séduit les jurys professionnels n’est pas surprenant. Mais j’avoue que je la voyais plus haut au télévote. Il s’est d’ailleurs passé quelque chose pendant la prestation du live, un bug, qui a fait sursauter le centre de presse où nous regardions sur écran la finale. Mais les Islandais peuvent s’estimer satisfaits. Ils ont retrouvé à la fois le chemin de la finale et du Top 10. Quant aux impertinents Hatari, ils ont pu aller jusqu’au bout de leurs convictions en affichant un message de solidarité aux Palestiniens dans la Green Room, à la grande fureur du public israélien.

 

Chypre & Grèce

Pour le reste, on remarque que bizarrement Chypre et Malte ont mieux fonctionné auprès des jurys qu’au télévote, alors qu’on pensait que le public semblait plus à même d’apprécier ces deux prestations très dansantes. Tout aussi bizarrement, le titre planant très indie de la Slovénie a d’avantage plu au public qu’aux jurys. Comme quoi … Par ailleurs Saint-Marin atteint pour la première fois de son histoire un Top 10, puisque Serhat est 10ème au télévote. Après ce résultat, il est probablement déjà prêt à remettre ça pour l’Eurovision 2020 tant il a s’est éclaté pendant ce Concours. Le Belarus et Israël sont logiquement dans le bottom 5 et la Grèce, 21ème, a réalisé un résultat très en deçà de ses espérances, la faute à une mise en scène incompréhensible (mais c’est quoi ces escrimeuses ?!!!).

Du côté des éliminés, pas de regret pour la Belgique, 13ème au télévote avec 50 points de moins que la Biélorusse Zena, dixième et dernière qualifiée de la première demie avec deux petits points d’avance sur les Polonaises Tulia. Ce sont les Finlandais Darude et Sebastian Rejman qui finissent derniers de la première demie et l’Irlandaise Sarah Mc Ternan dernière de la seconde demie où la Lituanie est 11ème. On remarque aussi que l’Arménie obtient un de ses pires résultats à l’Eurovision : 16ème de la seconde demi-finale. Il est bien loin (et c’est tant mieux) le temps où la diaspora arménienne se mobilisait pour voter le soir de l’Eurovision.

Sinon, on regrette que certains jurys professionnels continuent de privilégier leurs voisins et amis. A quoi bon faire appel à des professionnels (ou soit disant tels) s’ils se comportent comme les diasporas du télévote ?

Si la France n’a pas obtenu un résultat à la hauteur de ses espérances, le diffuseur France 2 a tout lieu d’être satisfait de son audience. Avec 4,8 millions de téléspectateurs (un peu moins que l’an passé) mais 30,2% de part de marché (mieux qu’en 2018) il écrase la concurrence, notamment la demi-finale de The Voice. D’année en année, l’image de l’Eurovision s’améliore auprès du public et sa couverture devient l’un des évènements majeurs proposés par la chaine qui prend plaisir (et nous fait plaisir) à faire vivre la marque Eurovision.

Audiences Télés : L’Eurovision sur France 2 a tout écrasé  !

Cet Eurovision 2019 fut magnifique, sans doute le meilleur depuis Stockholm en 2016. L’ouverture, avec Netta, Dana International, Ilanit et le golden boy Nadav Guedj était éblouissante, et l’interval act étourdissant avec Conchita Wurst, Måns Zelmerlöw, Eleni Foureira, Verka Serduchka et Gali Atari. Les eurofans ne pouvaient qu’être en extase après ces deux grands moments de télé. La prestation de Madonna a laissé une impression mitigée autour de moi, alors que je l’ai trouvé bluffante. Seule la séquence avec l’artiste local Idan Raichel m’a paru superflue et aurait pu passer à la trappe. Quant au nouveau titre de Netta, Nana Banana, heureusement qu’elle ne l’a pas proposé l’an dernier pour représenter son pays à Lisbonne parce que c’est probablement à Chypre que nous aurions vécu l’Eurovision 2019. Mais globalement cette finale très réussie est à l’image de ce Concours de Tel Aviv qui fut un grand succès.

Nous irons donc en 2020 aux Pays-Bas, et ça se bouscule déjà au portillon pour organiser : Amsterdam bien sûr avec le Ziggo Dome (17000 places), mais aussi Rotterdam, La Haye, Ultrecht, Arnhem, Maastricht, et même Zwolle ! Pour nos amis Néerlandais cette victoire fut évidemment un grand bonheur. J’ai une pensée pour René Romkes, le pétillant organisateur de Eurovision In Concert, et ses amis. René m’a confié être au 7ème ciel depuis samedi soir. Ils attendaient ça depuis 44 ans ! Après la France, le Luxembourg et le Royaume Uni, les Pays-Bas rentrent dans le cercle très fermé des pays qui ont remporté cinq fois le Concours (1957, 1959, 1969, 1975 et 2019), juste après l’Irlande (7 victoires) et la Suède (6 victoires).

Je termine ce papier en remerciant chaleureusement Steven Clerima, Nathalie Rouanet et Ludovic Hurel de la délégation française, Russel Davies de la délégation macédonienne, mon binôme François Lhermite et mon pote sur les shootings Jack Guez. Sans eux je n’aurais pas pu faire tout ce travail de rédaction et de prises de vues. Bien entendu nous remercions également Bilal Hassani, dont nous allons continuer à suivre le parcours. Il fait désormais partie de la grande famille de l’Eurovision. Nous lui souhaitons une bonne continuation dans sa très prometteuse carrière, avec une tournée déjà annoncée et un album Kingdom, sorti le 26 avril dernier et à écouter sans modération.

Cafouillages dans le classement final !

Alors qu’on pensait l’Eurovision 2019 ben et bien terminé, on découvre ce mercredi qu’il n’en est rien !
Le 22 mai l’UER signale des erreurs dans les votes des jurys annoncés samedi soir et les corrige en publiant un nouveau classement. Que s’est-il donc passé ?

À la base, il y a une boulette du jury biélorusse qui publie mardi 14 mai le résultat de son vote de la première demi-finale, ce qui est interdit. L’UER disqualifie ce jury et décide de calculer le vote du jury biélorusse par un assemblage de plusieurs votes en faisant une moyenne sur le vote des jurys de quatre pays voisins (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie et Russie), où les jurés établissent un classement des 26 titres en compétition dans la finale ou 25 s’ils leur pays participe à cette finale. C’est d’ailleurs la technique utilisée pour calculer le télévote de Saint-Marin, seul pays à ne pas avoir de télévote réel. Son télévote est factice et correspond à une moyenne des télévotes de quatre pays, ce qui mécontente beaucoup la délégation de la petite république.

Samedi soir, au moment de l’annonce du vote du jury biélorusse c’est la surprise puisqu’on constate que tous les points sont attribués à des pays qui se trouvent en fin de classement. Dans la délégation biélorusse et dans la classe politique du pays on réagit très mal car aucun point n’est ainsi donné à la Russie à qui le Belarus fait généralement don de pas mal de points.

Ça intrigue également nos collègues de Wiwibloggs qui font le calcul et démontrent que les points attribués par le Belarus n’ont pas été donnés aux dix premiers mais aux dix derniers !

L’UER et ses partenaires Digame et Ernst & Young, chargés de récolter tous les points et votes aux quatre coins du continent et en Australie, ont publié un communiqué ce 22 mai confirmant la méprise en regrettant profondément que cette erreur n’ait pas été identifiée plus tôt.

Ainsi dix pays se voient retirer des points qui ne leur étaient pas octroyés (de 12 à 1 : Israël, Estonie, Allemagne, Norvège, Espagne, Royaume Uni, Saint-Marin, Serbie, Islande et Australie) au profit de ceux qui en étaient les vrais bénéficiaires (de 12 à 1 : Malte, Macédoine du Nord, Chypre, Italie, Pays-Bas, Azerbaïdjan, Suisse, Grèce, Suède et Russie).

Si le Top 4 ne s’en trouve heureusement pas modifié, il y a des changements dans le reste du classement car beaucoup de pays se tenaient en quelques points. Le plus notable est la dégringolade de la France qui passe de la 14ème à la 16ème place (toujours à égalité de points avec la Slovénie 15ème) et la remontée de Chypre (13ème) et de Malte (14ème) qui ainsi nous dépassent. Mais comme le dit sur Twitter notre chef de délégation Steven Clerima, pas rancunier, l’erreur est humaine.

On se demande ce qui se serait passé si ces nouveaux résultats avaient abouti à une inversion de gagnant…
Si l’UER est assez transparente sur le vote des jurys professionnels, elle ne l’est toujours pas sur celui du public, puisqu’elle se refuse de publier les pourcentages dans chaque pays, dont on soupçonne qu’ils font la part belle aux diasporas et aux voisins comme l’avait révélé le télévote italien publié en 2012. La classement définitif est donc le suivant :

1 Pays-Bas (498 points)
2 Italie (472 points)
3 Russie (370 points)
4 Suisse (364 points)
5 Suède (334 points)
6 Norvège (331 points)
7 Macédoine du Nord (305 points)
8 Azerbaïdjan (302 points)
9 Australie (284 points)
10 Islande (232 points)
11 Tchéquie (157 points)
12 Danemark (120 points)
13 Chypre (109 points)
14 Malte (107 points)
15 Slovénie (105 points)
16 France (105 points)
17 Albanie (90 points)
18 Serbie (89 points)
19 Saint-Marin (77 points)
20 Estonie (76 points)
21 Grèce (74 points)
22 Espagne (54 points)
23 Israël (35 points)
24 Belarus (31 points)
25 Allemagne (24 points)
26 Royaune-Uni (11 points)

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Eurovision 2007, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 Destination Eurovision 2018