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Eurovision 2022 – Jour 5 : L’Ukraine déjà !

L’Eurovision a enfin commencé ! Il fallait des journalistes pour mettre un peu de vie dans ce qui n’était jusqu’à présent qu’un semblant d’Eurovision. Mais c’était moins vivant que d’habitude d’où une forme de mélancolie qui flotte sur ce centre de presse qui a ouvert ses portes à 9h30 ce matin. La diffusion sur écran des secondes répétitions des artistes a commencé à 10h, les journalistes n’étant pas autorisés, contrairement aux années précédentes, à les voir dans la salle. L’ultime essai est enregistré et doit servir de vidéo de secours si un candidat est empêché. Nous avons assisté à 14 prestations aujourd’hui.

Albanie : Sauvage et provoquant

Ronela Hajati est accompagnée de quatre danseurs torse nu qui plairont sans aucun doute aux minettes et aux minets et d’une superbe danseuse. C’est une prestation énergique un brin sauvage et très érotique avec des mouvements assez suggestifs. Mais Ronela qui a connu des problèmes de micro lors de son dernier essai (celui qui est enregistré pour être diffusé si elle est empêchée) est sortie furieuse de la scène et elle l’a fait savoir.

Lettonie : Frais et sympa

Les Lettons nous proposent une prestation colorée aussi bien pour les vêtements des artistes (blanc, vert orange, jaune, rouge, bleu) que pour le visuel. Enfin quand on le voit. Car le désormais tristement célèbre arc solaire, voué à l’immobilité, cache tout bêtement l’écran LEDs situé derrière, tel un affreux furoncle sur un beau visage. Le seul moment où il a produit son effet fut quand il y eu le solo de saxo. Là ce fut lumineux et éblouissant. Sinon on a remarqué aussi des effets visuels sur le sol. La caméra suit le chanteur régulièrement campé de deux des musiciens. Ça bouge c’est sympa. Ils sont tellement drôles ces Lettons qu’on a envie de les voir en finale. Ils ont ensuite écumé le centre de presse avec des interviews pour chacun en veux-tu en voilà. Tout le monde a pu les avoir même la dame pipi des toilettes. Même moi, j’ai ma photo avec eux et une salade ! Ici on les adore.

Lituanie : Plat

On savait que la Lituanie avait beaucoup misé sur l’arc solaire et on ne peut que constater qu’il manque certainement beaucoup, tant la prestation lituanienne ne semble pas décoller et pire ne s’appuie sur aucun effet de mise en scène. Et voilà que je te pose Monika sur la scène et que je fais tourner la caméra autour d’elle. C’est mal barré pour la Lituanie. La chanson passant au début du programme, ce sera peut-être un peu tôt pour la pause pipi. Tant mieux pour elle.

 

Suisse : Sobre et lumineux

Cette chanson lente a un côté vintage très plaisant. La mise en scène sobre imaginée par Sacha Jean-Baptiste fonctionne bien avec de très jolis effets de lumière à l’arrière, sur les côtés et sur le sol. Et c’est drôle on reconnait sa patte. Réussi.

Slovénie : Sage et appliqué

La prestation slovène est correcte et son seul effet visuel est cette grosse boule à facettes qui symbolise le titre « Disko » de leur chanson et qui trône en plein milieu de la scène. Appliqués, les LPS nous proposent un numéro assez scolaire finalement, qui peut marcher auprès de leurs profs mais qui risque de laisser le public indifférent.

Ukraine : Classieux

On n’imaginait pas dire d’un morceau mêlant hip-hop et traditionnel qu’il est classieux. Celui proposé par l’Ukraine l’est. On savait les Ukrainiens maîtres en travail de mise en scène pour l’Eurovision. Ils nous le prouvent encore. Les visuels sont superbes du moins ceux sur le sol, car on aperçoit à peine ceux de l’écran LEDs cachés par l’arc solaire… Sur « Stefania » flotte un parfum de « 1944 » de Jamala. Sans la guerre, l’Ukraine serait déjà haute, alors avec la guerre…

 

Bulgarie : Classique

Une prestation rock avec tout ce qui va avec, du cuir, des cheveux, des poils et des effets pyrotechniques. Rien à dire, c’est bien et ça coche toute les cases de ce type de prestation. Il manque juste une chanson qui tienne la route, mais nos pappys sont visiblement contents d’être là. Alors …

Pays-Bas : Au rendez-vous

S10 est bien au rendez-vous avec une prestation efficace que je ne peux pas commenter plus car le centre de presse va fermer !

Moldavie : Folklore et rock’n roll

Au moins ils nous avaient annoncé la couleur les Moldaves. C’est effectivement une prestation folklorique et rock’n roll qu’ils proposent. C’est coloré, joyeux et finalement assez marquant pour récolter suffisamment de points pour leur ouvrir les portes de la finale.

Croatie : Mignon

Jolie prestation toute en douceur de la Croate Mia Dimšić, accompagnée de quatre danseurs qui virevoltent autour d’elle. Et comme la jeune fille est adorable on dit oui. C’est notre plaisir coupable du jour.

Danemark : Bof

Pas du tout emballé par la prestation danoise dans laquelle je vois toujours deux chansons en une qui hélas ne se marient pas bien. Et y’a un côté suranné dans tout ça. Rien à voir avec le rock actuel de Måneskin. Enfin elles ont un côté mères au foyer qui font du rock entre deux réunions de parents d’élèves.

Autriche : Plat

Les Autrichiens ont bien fait de ne pas utiliser l’arc solaire. Ils sont venus avec leur propre cercle lumineux (qui lui marche) au milieu duquel le DJ LUM!X flanqué de la chanteuse Pia Maria effectue sa prestation avec honnêteté. Pas de danseuses, pas d’effet lumineux, lui derrière sa platine, elle qui ne bouge pas ou à peine. On compte visiblement sur le public pour se remuer. Finalement, c’est un peu plat tout ça.

Grèce : Puissant

Si la version studio de la contribution grecque est un peu mollassonne, la version live, notamment le final, est forte et puissante. Ici les journalistes apprécient. Normal beaucoup sont grecs et on connait le chauvinisme des Grecs, équivalent à celui des Espagnols. Sinon la mise en scène est déconcertante. Il y a des effets de lumière blanche ou sombre (c’est joli) et sur la scène tout un tas de chaises retournées dans tous les sens (mais pourquoi ?).

Portugal : Long

Le cas Covid découvert dans la délégation portugaise a provoqué la panique dans une organisation déjà bien débordée. Annulée, la seconde répétition portugaise a finalement été décalée en fin de journée histoire de tourner le live de secours qui sera probablement diffusé mardi soir puisque la délégation doit théoriquement rester isolée 7 jours. Je ne suis pas le meilleur choix pour commenter la chanson portugaise qui déclenche en moi un ennui profond. On est dans une ambiance tamisée avec un peu de fumée au sol, et Maro est entourée de ses quatre choristes et chante avec elles de façon trainante. Bon. Il parait que c’est bien.

On oubliera vite les cartes postales. Images capturées avec des drones de différents endroits de l’Italie sur lesquelles on a incrusté les images des artistes. Ça fait cheap.

Les conférences de presse ont été cette fois plus vivantes, même si le nombre de journalistes présents varie en fonction de l’artiste. Ainsi c’était presque la cohue pour l’Ukraine et presque vide pour la Bulgarie. On sent bien que les artistes sont soulagés de pouvoir enfin répondre à des gens et pas seulement à des questions internet face à la caméra. Bien entendu la conférence de presse de l’Ukraine a été l’évènement du jour, avec la particularité que les artistes ne parlant pas anglais, il a fallu traduire questions et réponses. On sent les Ukrainiens absents, la tête ailleurs. On les comprend, d’autant plus qu’un de leurs camarades est resté au pays pour se battre. Tous ont été mobilisés et c’est par une autorisation exceptionnelle qu’ils ont pu quitter le pays.

Plus surprenant c’est pendant la conférence de presse de la Moldavie qu’un sujet politique hyper touchy a été abordé lorsqu’un journaliste a interrogé le groupe sur la chanson « fusion de deux styles, mais aussi de deux pays », d’où cette question « cette fusion c’est ce que vous et le peuple moldave souhaiteraient ? ». On a ramé pour répondre dans la délégation moldave, mais jolie conclusion de chanteur Roman Iagupov : « deux pays, mais une musique traditionnelle commune et je me sens en Roumanie comme chez moi, mais nous vivons tous sur une seule planète et je me sens chez moi aussi ici. Et nous avons de gros problèmes par exemple écologiques. Il faut tous qu’on soit unis et mettre nos problèmes d’égo de côté.»

Il est vrai qu’on n’est pas obligé de poser uniquement des questions sympas ou de demander aux candidats de nous parler de leur prestation Eurovision préférée, sachant que la plupart connaissent à peine le Concours et ne citent que Måneskin, Conchita Wurst ou Abba. Pas tous heureusement, tellle l’Autrichienne Pia Maria qui a évoqué le titre de Lena de 2010 qu’elle adorait quand elle était enfant. Et là on prend un coup de vieux… Notre camarade journaliste polonais Simon n’a pas craint de poser une question déplaisante à la cheffe de délégation grecque en évoquant une habitude prise dans ce pays d’aller chercher une jeune chanteuse aux origines grecques lointaines, qui connait à peine le pays, pour porter ses couleurs.

 

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Eurovision 2007, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 Destination Eurovision 2018