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Eurovision in Concert 2022 : Magnifiques retrouvailles !

C’est munis de nos tickets Eurovision in Concert 2020 que nous avons pris le chemin d’Amsterdam, pour Eurovision in Concert 2022, et ça faisait plaisir de renouer avec cet évènement majeur d’avant Eurovision, organisé de main de maître par nos amis Néerlandais dans la soirée du 9 avril. 28 candidats à l’Eurovision turinois étaient annoncés, chiffre ramené à 27, la Suédoise Cornelia Jakobs, positive au Covid, ayant dû déclarer forfait.

Auparavant, l’après-midi était dédié à la presse. Télévisions, presse et web-médias étaient invités à rencontrer les artistes pour de petites interviews « one-to-one » comme on dit. Rendez-vous était pris pour 12h30 pour checker les journalistes inscrits. Peu après 13h Cornald Maas, l’inamovible animateur de l’évènement, prenait la parole et invita les artistes à monter sur la scène qui avait été installée dans la grande salle où la presse était accueillie. Et cette fois pas d’entrée interminable, un par un. En moins d’une minute tous les artistes étaient sur la scène. Cornald a évidemment échangé quelques mots à celle qui fait figure d’hôte de l’évènement, la Néerlandaise S10, avant que les photographes ne sortent leurs appareils photo pour la traditionnelle photo de groupe. « Cheese » et « Ouistiti » !

Les délégations ont rejoint les petites tables qui leurs étaient dévolues. Un petit panneau indiquait le pays et le nom de l’artiste. Nos amis d’EFR12 avaient déjà repéré la table des Finlandais The Rasmus et étaient les premiers dans la file.
Cette année les interviews étaient plus courtes, ce qui a réduit les files d’attente et permis aux journalistes présents de faire un maximum d’interviews. Peut-être ont-ils enfin compris que les vidéos interminables n’intéressent plus grand monde et que le public amateur d’Eurovision préfère les formats courts ?

L’absence de la Suédoise était compensée par la présence des Ukrainiens Kalush Orchestra, au complet. Mobilisés par la guerre dans leur pays, ils ont été autorisés à en sortir par leur gouvernement qui veut prouver à la face du monde que l’Ukraine est toujours debout et que malgré la menace elle tient. J’ai pu échanger avec la chef de presse ukrainienne qui me confirmait que la population vit des moments très difficiles mais qu’elle résiste avec courage. Elle m’a dit également combien les Ukrainiens sont désormais attachés à la liberté et qu’ils vont se battre pour la conserver.

Ces échanges entre presse et artistes ont duré deux bonnes heures et quand les journalistes ont pris la direction de la sortie, ils ont aperçu la file d’attente des spectateurs qui se formait.

L’AFAS Live devait ouvrir ses portes à 18h30 pour un démarrage du spectacle prévu pour 20h. Il ne fallait pas se tromper de file d’attente, car en face, à la même heure, à la Johan Cruyff Arena, l’Ajax Amsterdam affrontait le Sparta Rotterdam (victoire 2-1).

La première partie de Eurovision in Concert est dévolue aux artistes locaux. Se sont succédées sur la scène, Maggie MacNeal (« Amsterdam », 1980), Marga Bult, alias Marcha, (« Rechtop in de wind », 1987), Getty Kaspers de Teach In (« Ding a dong », 1975) en playback, et Linda Wagenmakers (« No goodbyes », 2000) avant que Maggie MacNeal et Marga Bult ne reviennent pour un ultime medley 100% néerlandais.

Puis place au programme principal. Pour accompagner Cornald Maas la production avait choisi Edsilia Rombley, une habituée qui avait également animé le Concours de Rotterdam en 2021. Le duo sait parfaitement gérer les inattendus et meubler quand du matériel doit être installé ou désinstallé. Et si ça dure Edsilia peut pousser la chansonnette puisque, rappelons-le, elle avait représenté les Pays-Bas à l’Eurovision en 1998 et en 2007.

C’est le Roumain WRS qui a ouvert le programme, pour un début plutôt plan-plan, suivi de Systur (Islande) et d’Emma Muscat (Malte). La première prestation marquante fut celle du jeune Belge Jérémie Makiese qui fut vocalement impressionnant et impeccable. On comprend qu’il ait gagné The Voice en Belgique. Il était accompagné de quatre danseurs qui donnent un cachet très actuel et prometteur à sa prestation. Il fut suivi de l’Albanaise Ronela Hajati, habillée en cuir super moulant, qui s’est prise pour la Beyoncé des Balkans remuant son booty comme la célèbre américaine. Le public a apprécié. Puis se sont succédés sur scène LPS (Slovénie) dont le chanteur est talentueux, mais le problème reste la chanson, Brooke (Irlande) et ses deux danseuses, Intelligent Music Project (Bulgarie), Mia Dimšić (Croatie) avec sa guitare, et l’Estonien Stefan.

Première déception de la soirée le trio tchèque We Are Domi qui est passé à côté de sa prestation, avec la voix trop haute et pas juste de sa chanteuse Dominika Hašková. Ont suivi les deux prestations très enlevées des joyeux lurons de Citi Zēni (Lettonie) et de Zdob și Zdub et Frații Advahov (Moldavie) avec une version différente mais tout aussi gaie de leur chanson « Trenulețul ».

On voit mal les Moldaves louper leur qualification en finale le 10 mai.

Il était temps de faire une pause. Avant que le programme Eurovision 2022 ne reprenne, place à la nostalgie avec la grande invitée du jour, la Suédoise Loreen, venue interpréter « My Heart Is Refusing Me » et « Euphoria », le titre avec lequel elle a remporté l’Eurovision en 2012, il y a pile dix ans. Sa prestation fut la plus filmée ou photographiée de la soirée. Tous les smartphones des spectateurs dans la fosse étaient levés pour immortaliser cet instant. Loreen reste l’une des artistes favorites des eurofans. Notons que l’AFAS était rempli. Beaucoup de Néerlandais évidemment, des voisins, Allemands, Anglais, et des Européens venu des quatre coins du continent.

Le trio de Danoises, REDDI a succédé à Loreen, mais n’a pas convaincu, sans doute parce que la chanson mélange ballade et rock. C’est très déconcertant. Ensuite, deux pays du Big Five sont montés sur scène : l’Allemagne, avec Malik Harris, dont on voit mal comment il pourra éviter le bottom 5, et la France, avec Alvan et Ahez, pour une prestation honnête mais pas encore aboutie. Il faut encore travailler les voix et les mouvements de nos quatre Bretons ainsi que leur coordination sur scène.

Le programme s’est poursuivi avec Vladana (Monténégro) qui a failli nous endormir avant que l’Espagnole Chanel ne nous réveille pour une prestation de haute-volée. Elle est l’une des préférées des fans, c’est incontestable. Puis ce fut le tour de Sam Ryder (Royaune-Uni), Rosa Linn (Arménie) et Ochman (Pologne) qui a vocalement été impeccable. Il faudra surveiller la Pologne cette année. Les Norvégiens Subwoolfer ont ensuite mis le feu dans tout l’AFAS suivis par les Autrichiens LUM!X et Pia Maria qui devront trouver une mise en scène imaginative pour se démarquer à Turin. Le duo seul sur scène se suffira pas.

On approchait de la fin. Le moment était idéal pour l’instant ukrainien de la soirée avec Kalash Orchestra dont les tenues de certains membres du groupe, une sorte de serpillère géante, ont surpris. On aura besoin d’explications pour comprendre ce choix. Mais ce fut un instant émouvant et la chanson reste très bonne. Beaucoup pensent ici que le contexte du drame que vit l’Ukraine et la qualité du titre et son originalité font du pays le favori de cette année.

Après la Lituanienne Monika Liu, nous avons profité des Finlandais The Rasmus, avant que Cornald et Edilia n’annoncent la dernière candidate, la Néerlandaise S10, sous les applaudissements du public, pour une prestation très convaincante.
Il était presque minuit et quand une grande partie des spectateurs se dirigeaient vers l’afterparty, nous avons pris la direction de notre hôtel, où, entre Français nous avons bu un dernier verre et échangé sur nos coups de cœur et nos déceptions de la soirée. La dernière pre-party sera latine, à Madrid, le week-end prochain.

En attendant, la date du prochain Eurovision in Concert a été annoncée : ce sera le 15 avril 2023.

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Eurovision 2007, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 Destination Eurovision 2018