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Un Eurovision Junior 2018 historique !

Quatorze ans après sa première et unique participation à l’Eurovision Junior, ou plutôt au Concours Eurovision de la Chanson Junior qu’on appelle aussi parfois dans le jargon eurovisionesque simplement le Junior, la France est de retour dans cette compétition où s’affrontent de très jeunes talents venus des quatre coins du continent européen et d’Australie.

La première édition de l’Eurovision Junior a eu lieu au Forum de Copenhague le 15 novembre 2003. 16 pays y participaient et c’est la Croatie qui a remporté le premier trophée. Construit sur le même principe que l’Eurovision, le Junior est réservé aux enfants de moins de quinze ans qui sont sensé avoir participé à l’écriture et/ou à la composition du titre qu’ils proposent.

La participation d’enfants à l’Eurovision était possible jusqu’au début des années 90. On se rappelle notamment de Jean-Jacques pour Monaco en 1969, des quatre enfants accompagnant l’Espagnole Betty Missiego, seconde en 1979, et surtout de la Belge Sandra Kim, lauréate en 1986 avec J’aime la vie. Cette victoire avait suscité des vocations et en 1989 ce sont deux enfants qui participent : la Française Nathalie Pâque et l’Israélien Gili. Face au risque de voir le Concours se transformer en cour d’école voire en crèche (le petit Jordy, quatre ans, connaîtra un succès national et international avec Dur dur d’être bébé ! en 1992), l’UER réagit et impose un âge minimum pour participer à l’Eurovision : 16 ans.

Avec le succès grandissant de l’Eurovision au début des années 2000, l’idée de décliner le Concours pour les enfants fait alors son chemin. À la manœuvre on trouve bien sûr les Scandinaves (Danois, Suédois et Norvégiens) qui avaient organisé une édition localisée sur la Scandinavie en 2002. L’UER a trouvé le concept intéressant et c’est tout naturellement que Copenhague fut choisie pour accueillir la première édition de l’Eurovision Junior en 2003. Quant à la date c’est en novembre, soit pile six mois après le Concours des adultes que le Junior est organisé. D’abord diffusé le samedi en fin d’après-midi, il est passé il y a quelques années le dimanche après-midi.

Depuis, l’Eurovision Junior poursuit son bonhomme de chemin avec un nombre de participants qui évolue selon les années. Ainsi il n’y avait que douze participants en 2012 à Amsterdam et en 2013 à Kiev mais ils étaient 18 à Lillehammer en 2004, année doublement marquante. D’abord parce que ce fut la seule fois où la France a participé avec Thomas Pontier et son titre Si on voulait bien, un morceau paradoxalement très adulte qui fleurait bon la France et son folklore mais assez éloigné des titres funs et gais proposés par les autres candidats. Thomas a obtenu une très honorable sixième place. Et surtout parce que la gagnante, la petite Espagnole María Isabel, treize ans, a obtenu un énorme succès commercial avec le désormais culte Antes Muerta Que Sencilla.

Le Junior sert de pouponnière pour le Concours des adultes. En effet certains artistes après avoir y avoir participé, devenus adultes tentent leur chance à l’Eurovision. On a ainsi retrouvé María Isabel parmi les candidats de la sélection espagnole de 2016. Mais on se rappelle surtout des jumelles Russes Tolmatchevy, lauréates de l’Eurovision Junior en 2006 qui ont participé ensuite au Concours Eurovision de Copenhague en 2014, où elles ont terminé septièmes.

Les jeunes artistes qui se présentent à ce Concours sont les mêmes que les adultes que l’on voit en mai, mais en modèle réduit, avec les mêmes mimiques et parfois les mêmes longues vocalises. Certaines prestations, avec danseurs et danseuses tout aussi miniatures que les chanteurs, sont très travaillées et réussies. Ça bouge parfois dans tous les sens et c’est très souvent coloré voire même un peu criard (au niveau du chant comme au niveau des couleurs). On observe toutefois chez certains de ces candidats beaucoup de professionnalisme et de maturité.

Il faut l’avouer, cet Eurovision Junior intéresse beaucoup plus les pays de l’Est que ceux de l’Ouest. Il suffit de regarder la liste des participants et le palmarès pour s’en convaincre : Il y a eu trois victoires pour la Géorgie (2008, 2011 et 2016), deux victoires pour le Belarus (2005 et 2007) et la Russie (2006 et 2017), et une victoire pour l’Arménie (2010), la Croatie (2003), et l’Ukraine (2012). Les autres lauréats sont Malte (2013 et 2015), l’Espagne (2004), l’Italie (2014) et les Pays-Bas (2009). Oui, vous avez remarqué que malgré onze participations la Suède n’a jamais remporté le Junior.

Si 39 pays se sont présentés au Junior depuis 2003, seuls deux ont participé à toutes les éditions : les Pays-Bas et le Belarus. Malte et la (future) Macédoine du Nord ont manqué deux éditions. La Russie participe sans interruption depuis 2005, l’Ukraine depuis 2006 et la Géorgie et l’Arménie depuis 2007. Ces huit pays forment le noyau dur des participants à l’Eurovision Junior. Pour les autres c’est très variable. On vient ou on ne vient pas, c’est selon le bon vouloir des diffuseurs. On notera que le Big 5 fait figure de mauvais élève. L’Espagne a participé au Junior de 2003 à 2006, le Royaume-Uni de 2003 à 2005, la France en 2004 et l’Italie n’y vient que depuis 2014. Quant à l’Allemagne elle n’y a jamais mis les pieds.

Ce n’est pas toujours le pays gagnant qui organise l’année suivante et depuis quelques années c’est via un appel à candidatures que l’UER désigne la ville hôte. Le Junior a ainsi été l’occasion pour l’Eurovision de poser ses valises là où le Concours pour adulte n’avait jamais mis les pieds, en Roumanie, Belarus, Arménie, Bulgarie, Géorgie et dans les îles de Chypre et Malte.

En 2017 l’Eurovision Junior a eu lieu à l’Olympic Palace de Tbilissi en Géorgie. C’est la candidate russe Polina Bogusevich qui l’avait enporté avec Wings devant le Géorgien Grigol Kipshidze et l’Australienne Isabella Clarke. Grâce à sa victoire Polina a fait, comme tous les anciens lauréats, une très rapide apparition à l’Eurovision à Lisbonne en mai 2018.

Quel que soit le pays gagnant, l’édition 2018 de l’Eurovision Junior sera historique. D’abord parce que le record du nombre de participants sera battu : ils seront 20 sur la scène du Minsk-Arena le 25 novembre 2018. Ensuite parce que deux pays font leurs débuts : le Kazakhstan, qui espère bien dans la foulée profiter du retrait de la Bulgarie pour le Concours des adultes de 2019 et se voir invité à la dernière minute pour Tel Aviv, et le Pays de Galles qui ne se présente pas cette fois sous la bannière du Royaume-Uni et qui se retrouve à Minsk grâce à la chaîne de télévision généraliste régionale galloise S4C. Enfin parce que, comme nous l’avons déjà dit : France is back ! Nous serons représentés par Angélina et Jamais sans toi.

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Eurovision 2007, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 Destination Eurovision 2018